
Télécommunications : où investir maintenant et quoi surveiller pour demain
Les technologies de communication évoluent rarement de façon spectaculaire du jour au lendemain. Pourtant, lorsqu’on prend un peu de recul, les transformations accumulées commencent à modifier profondément la façon dont les organisations déploient leurs infrastructures, protègent leurs données et planifient leurs investissements technologiques.
La connectivité mobile gagne en maturité. Les réseaux sans fil continuent d’augmenter en capacité. Les solutions satellitaires deviennent plus accessibles. Les approches traditionnelles de cybersécurité sont remises en question par la généralisation du travail distribué. Pendant ce temps, les organisations commencent déjà à réfléchir aux conséquences futures de l’informatique quantique.
Ces évolutions ne concernent pas uniquement les équipes TI. Elles influencent la manière dont les entreprises exploitent leurs sites distants, sécurisent leurs opérations, connectent leurs employés et planifient leurs investissements pour les années à venir.
C’est dans cette perspective que s’inscrivait le Panorama Télécom 2026, présenté par Jesse Lemay, directeur principal, Solutions d’affaires chez Kinessor, lors du Sommet Comitti. L’objectif n’était pas de prédire l’avenir, mais plutôt d’identifier les technologies qui méritent déjà une place dans la réflexion stratégique des organisations.
La 5G entre dans une nouvelle phase
La 5G n’est plus une nouveauté. Les principaux déploiements sont déjà bien amorcés et plusieurs organisations l’utilisent quotidiennement sans même y porter une attention particulière. Toutefois, la technologie continue d’évoluer.
Parmi les développements les plus importants figure l’arrivée de la 5G Advanced, qui apporte de nouvelles capacités liées à l’Internet des objets, à la géolocalisation de précision, au edge computing, à la réalité augmentée et à certaines formes d’automatisation alimentées par l’intelligence artificielle. Plusieurs de ces avancées demeurent encore peu visibles pour les utilisateurs, mais elles ouvrent la voie à des cas d’usage qui étaient difficiles à envisager il y a quelques années.
Pour les organisations, la question n’est pas nécessairement de déployer immédiatement ces nouvelles capacités. Il s’agit plutôt de comprendre quels projets futurs pourraient bénéficier d’une connectivité plus performante et de niveaux de latence plus faibles.
Le Wi-Fi continue de gagner en capacité
L’arrivée du Wi-Fi 7 représente une autre évolution importante du paysage télécom. Bien que les discussions portent souvent sur les débits maximaux, les bénéfices potentiels concernent également la capacité des réseaux à soutenir davantage d’appareils, de services et d’applications simultanément.
Une décision de renouvellement ne devrait pas être prise uniquement en fonction des performances théoriques annoncées. Les usages réels, le cycle de vie des équipements et la compatibilité des appareils utilisés par les employés doivent également être considérés.
Les organisations qui prévoient un renouvellement de leurs infrastructures sans fil au cours des prochaines années gagneront à intégrer ces évolutions dans leur réflexion dès maintenant plutôt que de reproduire les modèles du passé.
La connectivité satellite devient une véritable option d’entreprise
Pendant longtemps, les réseaux satellitaires étaient perçus comme une solution de dernier recours réservée aux zones très éloignées.
L’évolution des constellations en orbite basse change progressivement cette perception. Grâce à une latence beaucoup plus faible et à de meilleures performances, ces technologies deviennent pertinentes pour les sites éloignés, les installations temporaires, les opérations minières, les activités maritimes et certains besoins de redondance réseau.
Le développement du direct-to-cell, qui vise à permettre à certains téléphones cellulaires d’accéder à des services via des réseaux satellitaires sans équipement spécialisé, constitue également une tendance à surveiller.
Les modèles de sécurité continuent d’évoluer
Les environnements numériques d’aujourd’hui ne ressemblent plus à ceux d’il y a dix ans. Les employés travaillent à partir de différents sites, utilisent des appareils variés et accèdent à un nombre croissant de services infonuagiques.
C’est dans ce contexte que des approches comme SASE et ZTNA prennent de l’importance. Elles cherchent à adapter les mécanismes de sécurité à des environnements où les utilisateurs, les appareils et les applications sont distribués. L’identité, le contexte et les permissions deviennent alors au moins aussi importants que l’emplacement physique de l’utilisateur.
Pour plusieurs organisations, cette évolution influence déjà les projets de modernisation des accès, du télétravail et des environnements infonuagiques.
La cryptographie postquantique mérite déjà une place dans les feuilles de route
Parmi tous les sujets abordés, la cryptographie postquantique est probablement celui qui semble le plus éloigné des préoccupations quotidiennes. Pourtant, il pourrait devenir l’un des plus stratégiques.
Certaines informations sensibles peuvent être collectées aujourd’hui, conservées pendant plusieurs années puis éventuellement déchiffrées lorsque les capacités informatiques auront suffisamment progressé. C’est pourquoi plusieurs organisations commencent déjà à inventorier leurs mécanismes de chiffrement, à identifier leurs actifs les plus sensibles et à planifier une transition graduelle.
Pour la majorité des organisations, il ne s’agit pas d’un projet à lancer immédiatement. Il s’agit d’un sujet qui doit apparaître dans les réflexions stratégiques dès aujourd’hui.
Une question de préparation plutôt que de transformation immédiate
La principale leçon du Panorama Télécom n’est pas qu’il faut investir immédiatement dans toutes les technologies présentées.
La plupart de ces évolutions nécessitent d’abord de la veille, de l’analyse et de la planification. Les organisations qui réussissent le mieux ne sont pas nécessairement celles qui adoptent chaque nouveauté en premier. Ce sont souvent celles qui comprennent suffisamment tôt les transformations à venir pour les intégrer progressivement à leurs feuilles de route.
Le défi consiste donc moins à prédire l’avenir qu’à reconnaître les tendances qui méritent dès maintenant une place dans les discussions stratégiques.
Ce qu’il faut retenir
- La 5G Advanced ouvre la porte à de nouveaux usages liés à l’IoT, au edge computing et à l’automatisation.
- Le Wi-Fi 7 doit être évalué dans une logique de cycle de vie et d’usages réels.
- Les réseaux satellitaires en orbite basse deviennent une option crédible pour plusieurs scénarios.
- Les approches SASE et ZTNA répondent à l’évolution des environnements de travail distribués.
- La cryptographie postquantique commence à apparaître dans les feuilles de route technologiques.
- L’objectif n’est pas de tout déployer aujourd’hui, mais de planifier les évolutions pertinentes.
Source du contenu
Cet article s’inspire du Panorama Télécom 2026 présenté par Jesse Lemay, directeur principal, Solutions d’affaires chez Kinessor, lors du Sommet Comitti. La conférence abordait notamment la 5G Advanced, le Wi-Fi 7, les réseaux satellitaires, les architectures SASE, le ZTNA, la cryptographie postquantique et l’évolution des infrastructures télécom.
Le contenu a été adapté et synthétisé par Comitti afin d’en faciliter la consultation.
